Fragmentation Grenade Mark II

Fragmentation Grenade Mark II
États-Unis

Grenade
La défensive Mark II fut la grenade la plus utilisée par les soldats américains durant la Seconde Guerre mondiale. Ovale, en fer moulé, elle disposait d'un corps dentelé de façon à projeter davantage d'éclats au moment de l'impact. Le TNT devait à l'origine servir d'explosif, mais face à la pénurie du début du conflit, on lui substitua un composé de nitrate d'amidon. Son rayon d'efficacité était de 10 mètres, mais les éclats pouvaient être mortels à 50 mètres.


Spécifications techniques

Fonctionnement: Dégoupillez et lancez !
Explosif: 3/4 oz. de nitrate d'amidon (22,5 g)
Delai retard: 4-5 sec
Portée: 35 m
Masse: 640 g
Longueur: 140 mm

# Postato mercoledì 18 gennaio 2006 07:51

Ilyushin II-2

Ilyushin II-2
Ilyushin II-2
URSS


Avion d'attaque au sol
Aussi connu sous le nom de Shturmovik, ce célèbre avion d'attaque au sol soviétique entra en service en 1941. Lourdement armé, spécifiquement conçu pour le soutient aérien rapproché, cet avion est considéré comme le meilleur appareil soviétique de la Seconde Guerre mondiale. Après des débuts difficiles, il lui fut ajouté une mitrailleuse lourde à l'arrière, lui permettant de se défendre contre les chasseurs de la Luftwaffe. Il fut utilisé jusqu'à la fin de la guerre et produit à plus de 35 000 exemplaires.

Ilyushin II-2

Spécifications techniques

Motorisation: 1 Mikulin AM-38F en ligne de 1 600 ch.
Vitesse maximale: 414 km/h à 2000 m
Plafond pratique: 6 000 m
Rayon d'action: 600 km
Masse en charge: 5 555 kg
Envergure: 14,57 m
Longueur: 11,65 m
Armement: 2 canons de 20 mm ; une mitrailleuse lourde de 12,7 mm à l'arrière et deux mitrailleuses de 7,62 mm. Jusqu'à 400 Kg de bombes ou 56 roquettes.

# Postato lunedì 16 gennaio 2006 19:52

La Sicile (9 juillet-17 août 1943)

La Sicile (9 juillet-17 août 1943)
La Sicile
Sicile


Afin de prendre la Sicile, les Alliés mirent en oeuvre une énorme machine militaire. Eisenhower envoya le général britannique Alexander diriger la VIIe armée américaine du général Patton et la VIIIe armée britannique du général Montgomery. Ces forces comprenaient 6 divisions américaines (quatre DI, une DB et une DA), 5 DI et une DA britanniques et une division canadienne; soit 160 000 hommes et 600 chars. La Sicile était défendue par des forces italo-allemandes. Il s'y trouvait la VIe armée italienne du général Guzzoni et les troupes du général allemand Hans Hube. Les Italiens disposaient donc de 6 divisions et les Allemands de 4, dont une DB (plus tard renforcée par une autre DB et une DA), pour un grand total de 240 000 soldats italiens et 90 000 allemands.

Débarquement allié en Sicile

La Sicile fut bombardée dès avril 1943, ensuite, les Alliés établirent un plan d'attaque amphibie. L'invasion fut lancée durant la nuit du 9 au 10 juillet, la première vague d'assaut baptisée Husky comptait 3 000 navires et 3 700 appareils alliés. Cette opération permit à 3 500 parachutistes américains de prendre pied sur l'île. En une seule journée, une tête de pont fut établie au sud-est de l'île et les britanniques pénétrèrent dans Syracuse. Lors de la prise de Gela, les Américains se heurtèrent à la farouche résistance de la division allemande Hermann Göring et à la division italienne Livorno. Deux semaines après le débarquement, les Américains étaient en vue de Palerme, les Britanniques (qui se dirigeaient vers Catane) quant à eux, furent ralentis par les interventions des forces italo-allemandes du groupe Schmalz et par la division Napoli.

Avance alliée en Sicile

L'objectif principal des Alliés était de prendre les positions allemandes des contreforts accidentés qui se trouvaient au sud de l'Etna. Ceux-ci empêchait les Alliés de pouvoir s'établir sur les terrains d'aviation de la plaine de Catane, ils protégeaient également les communications entre Messine et l'Italie. Afin de pouvoir prendre ces positions, Montgomery envoya les Canadiens et la 78e division prendre Leonforte et Catenanuova, en contournant donc les contreforts allemands. Il fallut trois jours de combats intensifs pour obliger les Allemands à quitter Centuripe et à se replier sur la rive nord du Salso et sur Ardano. A la mi-juillet, les Britanniques étaient toujours bloqués dans la plaine de Catane. Le 28 juillet, les Américains étaient en vue de Messine. Adrano tomba aux mains de la VIIIe armée britannique le 7 août, après 3 jours de combats. Plusieurs débarquement alliés suivirent : les Américain débarquèrent à Sant'Agata les 7 et 8 août, à Brolo les 10 et 11 août et finalement à Spadafora les 15 et 16 août. Le même jours, les Britanniques débarquaient à Scaletta. Messine tomba finalement le 17.

Débarquement allié en Sicile

Cette bataille coûta aux Alliés 19 000 tués et blessés et à l'Axe 164 000 hommes (dont 32 000 allemands), majoritairement prisonniers. La Sicile était maintenant aux mains des Alliés, mais 100 000 hommes des forces de l'Axe étaient parvenus à rejoindre l'Italie par le détroit de Messine.

Arrivée de matériel allié en Sicile

# Postato lunedì 16 gennaio 2006 19:46

Isoruku Yamamoto

Isoruku Yamamoto
Yamamoto, Isoruku (1884-1943)


Né le 04 avril 1884 à Nagaoka dans un milieu modeste, il reçoit sur le tard le prénom d'Isoruku (en japonais : "cinquante-six ") de la part de son père Teikichi Takano, fier d'avoir eu un fils à l'âge de 56 ans.

Le futur grand Amiral de la Flotte suit très vite une formation pluridisciplinaire liée sans doute au fait que son père est professeur d'école. Il apprend les arts martiaux à l'école de Nagaoka, où il effectue des entraînements sportifs intensifs. Son père lui enseigne l'art de la calligraphie chinoise, tandis qu'il découvre l'anglais grâce à des missionnaires américains. Attiré par la mer dès l'adolescence, le jeune homme entre à l'Ecole navale d'Etajima en 1901, reçu 3ème sur 300 alors qu'il n'est âgé que de 17 ans. Il en sortira trois ans plus tard, muté sur le Nisshin à l'occasion de la guerre russo-japonaise. Le 27 mai 1905, au cours de la fameuse bataille de Tsushima par laquelle la Marine impériale dirigée par l'amiral Togo écrasera la Flotte du Tsar, Yamamoto manque d'être tué par la faute d'une batterie défectueuse. Le jeune officier devra être amputé de deux doigts de la main gauche, récoltant au passage près de 120 éclats de métal qu'il n'hésitera pas à exhiber plus tard, prétendant en diverses occasions que ses cicatrices résultent de la chute d'un obus russe sur son navire...

Un autre événement a marqué sa vie : il se retrouve orphelin à l'âge de 20 ans. La plus riche famille locale, le clan Yamamoto, éteinte depuis 1883, décide de l'adopter. Isoruku y gagnera les droits à une tombe seigneuriale et un blason de famille...

De 1907 à 1908, Yamamoto passe par l'Ecole des Torpilles, et reçoit le grade de lieutenant de vaisseau. Nouvelles études à l'Ecole navale en 1914, puis affecté deux ans plus tard à l'état-major de la Deuxième Flotte. En 1917, on le retrouve au Second service du Bureau des Affaires militaires, et deux ans plus tard part pour les Etats-Unis, où il restera deux ans à étudier à Harvard. Il y apprendra également à jouer au poker, et finira par devenir imbattable. Après tout, n'est-il pas expert en calligraphie chinoise ? Egalement devenu expert dans le jeu d'échecs (il disputera même, dit-on, une partie de 26 heures), il rapportera des Etats-Unis certaines nouvelles conceptions sur le rôle de l'aviation, ayant lu au passage les théories du général Mitchell, apôtre américain du bombardement stratégique.

De retour au pays, Yamamoto est contraint d'épouser Reiko Misashi. Le ménage ne sera pas heureux - le jour où on lui présenterait sa fiancée, Yamamoto exposerait à sa future belle-mère une liste recensant méthodiquement les défauts de sa fille... -, bien que son épouse lui donne quatre enfants. Yamamoto reste un tombeur, multipliant les conquêtes. Heureux au jeu comme en amour, il trouvera la femme de sa vie en la personne d'une geisha de Tokyo, Chiyoko, avec qui il entretiendra une correspondance passionnée.

En attendant, la carrière de Yamamoto se poursuit. De 1925 à 1928, il est attaché naval de l'ambassade du Japon à Washington DC, avant de prendre le commandement du croiseur IJN Isuzu, puis du premier grand porte-avions de la Flotte impériale, le IJN Akagi. Il se trouve de plus en plus convaincu que l'avenir de la guerre navale appartient aux porte-avions. Une opinion qu'il s'est forgée bien avant. Dès 1915, il avait déclaré à un journaliste américain que "le navire le plus puissant sera, dans le futur, celui qui sera capable de transporter des avions". Mais peu d'officiers nippons sont encore de son avis.

1930. Yamamoto est nommé contre-amiral, à la tête des services techniques de l'aéronavale. Avec son collègue Toyoda, il représente le Japon à la conférence de Londres sur le désarmement naval, mais échoue à obtenir la parité entre la flotte américaine et la flotte japonaise. Le Premier Ministre japonais, pour avoir ratifié cet accord, sera assassiné. Yamamoto échouera une fois de plus en 1934, à l'occasion de la seconde conférence de Londres. Bien que tombé en disgrâce, il est affecté en 1935 à la tête du Service central de l'Aéronautique navale à Tokyo, et en profite pour bloquer le programme de construction de quatre cuirassés géants, invoquant la primauté des porte-avions. Hautement réputé pour ce choix stratégique à contre-courant, Yamamoto entre au gouvernement en 1936, en tant que vice-ministre de la Marine. Il développe l'aéronavale nippone à un haut degré de formation.

En 1939, en désaccord avec la politique gouvernementale d'alliance avec l'Allemagne hitlérienne, Yamamoto quitte le gouvernement et devient chef de la Flotte combinée, qu'il dirige depuis le IJN Nagato, laissant la place à l'amiral Nagano. Il assiste impuissant à la dégradation de la situation diplomatique internationale, et, conscient du caractère inévitable d'un conflit avec les Etats-Unis, envisage de modifier toute la stratégie militaire japonaise, jusque là basée sur un affrontement en haute-mer avec l'US Navy. L'Amiral estime en effet que la Flotte japonaise ne peut espérer l'emporter que si elle terrasse l'adversaire en un seul coup maître, et l'unique possibilité de parvenir à un tel résultat consiste en l'annihilation de l'US Pacific Fleet basée à Pearl Harbor, à plus de 5.000 km du Japon !

Profondément influencé par le raid de l'aéronavale britannique sur le port italien de Tarente (novembre 1940), Yamamoto songe à une opération du même type pour attaquer la base américaine. Conscient que son plan ne fera pas l'unanimité parmi les cercles dirigeants de l'Empire et même de la Flotte, il le présente d'abord à quelques conseillers pour en évaluer la fiabilité. Le 05 septembre 1941, après de multiples tests et examens théoriques, l'amiral expose ses intentions à l'état-major de la Marine dirigé par l'amiral Nagano, qui y agrée enfin. Le 13 novembre, il annonce à ses officiers que la date de l'attaque est fixée au 08 décembre (07 décembre, heure de Washington DC). La Flotte expéditionnaire, sous le commandement de l'amiral Nagumo, effectuera un long périple à travers le Pacifique Nord, bien moins surveillé et fréquenté, et tombera sur Pearl par surprise, un dimanche - jour où toute la US Pacific Fleet se trouve réunie dans le port. Faute de moyens, il n'y aura pas de débarquement à Oahu. Le 26 novembre, six porte-avions emportant plus de 350 appareils, deux cuirassés, trois croiseurs, neufdestroyers, le tout accompagné de navires ravitailleurs et de 26 sous-marins océaniques, prennent la route des Hawaii. Yamamoto a bien pris soin de rappeler qu'en cas de succès des négociations avec les Américains, la Flotte aurait à faire demi-tour. On connaît la suite.

La réussite du raid fait de Yamamoto l'un des hommes les plus populaires du Japon - alors qu'aux Etats-Unis on le considère déjà comme un génie du mal. Malheureusement pour l'amiral, l'aéronavale nippone n'a pas rempli tous ses objectifs : les dépôts de carburant ont été épargnés, et les porte-avions américains se trouvaient en mer. Pire : le retard pris par l'ambassade japonaise à Washington dans la remise de la déclaration de guerre accroît la furia americana à l'encontre de la "traîtrise" nippone.

L'idée de Yamamoto est désormais, outre de permettre la conquête de l'Asie du Sud-Est, d'éliminer définitivement l'US Navy au cours d'un second affrontement décisif. Ainsi le Japon aurait consolidé sa position dans le Pacifique, et pourrait imposer des négociations à l'Amérique. Mais les querelles stratégiques régnant au sein des états-majors japonais l'empêchent de mener son plan à bien. Le raid aérien effectué par le colonel James "Jimmy" Doolittle sur Tokyo, le 17 avril 1942, achève de confirmer l'option stratégique de Yamamoto. S'il consent à dépêcher une force expéditionnaire en Mer de Corail pour aggraver l'isolement de l'Australie, opération qui se soldera par un échec coûteux (08 mai 1942), il ne perd pas de vue son objectif essentiel : la destruction des porte-avions américains. Un plan remarquable par sa complexité est monté contre l'île de Midway, qui ouvre la porte d'une invasion pour l'archipel des Hawaii. Alors que des porte-avions légers prendront d'assaut les îles Aléoutiennes, le gros de la Flotte combinée attaquera cette île située à mi-distance du Japon et du continent américain. Yamamoto espère y attirer les dernières réserves de l'US Pacific Fleet pour les envoyer par le fond.

Ce projet, le plan "Mi", s'achève par un désastre. Une trop grande confiance en soi chez les Japonais dans son élaboration, un haut-commandement comme sclérosé dès qu'il s'agit de le mettre en application, une pugnacité extraordinaire de la part des Américains et peut-être aussi une certaine part de chance sont à l'origine du plus spectaculaire retournement de situation militaire de la guerre. Quatre porte-avions japonais seront envoyés par le fond, alors que les Etats-Unis ne déplorent la perte que d'un bâtiment de ce type. Le chef de la flotte japonaise ne perd toutefois pas espoir et compte bien attirer les navires américains vers l'Ouest, pour mieux les anéantir au cours d'un combat de nuit qui engagerait les cuirassés et les croiseurs lourds de l'Empereur. Peine perdue : l'amiral américain Ray Spruance, une fois la flotte d'invasion repoussée, se retire vers l'Est. Une prudence qui frustrera Yamamoto d'un succès destiné à effacer la perte de son aéronavale...

L'amiral nippon a commis, en l'occurrence, l'erreur de diviser ses forces. Cette erreur, il la commet de nouveau lors des affrontements pour Guadalcanal, dont l'enjeu est de maintenir les liens de communications entre l'Australie et le "monde libre". Décision que beaucoup lui reprocheront par la suite, il refuse d'y engager le gros de la Flotte combinée, alors qu'au second semestre 1942 elle conserve encore une certaine supériorité numérique sur son adversaire. Sans doute le c½ur n'y est-il plus. Yamamoto avait promis six mois de victoires à Tokyo en cas de guerre dans le Pacifique et de succès à Pearl Harbor. Au delà...

Le leader naval le plus brillant du Japon ne sera pourtant pas là pour assister à la destruction de l'Empire. Le 18 avril 1943, alors qu'il effectue une tournée d'inspection dans les îles Salomon, son avion, un bimoteur Mitsubishi de type I, est abattu par des P-38 américains. Une balle lui traverse la gorge. Le cadavre, retrouvé le lendemain par les patrouilles de recherche de l'armée japonaise, sera transporté dans le plus grand secret à la base navale de Truk. La mort de l'amiral japonais est dissimulée au public jusqu'au 21 mai 1943, date de l'arrivée du corps à Tokyo. Les Américains avaient décrypté les messages codés nippons révélant la venue de Yamamoto dans l'archipel des Salomon. L'amiral Nimitz avait proposé cette exécution à Roosevelt, qui s'était montré d'accord, ainsi que Frank Knox, le Secrétaire d'Etat à la Marine, qui avait au préalable consulté des prêtres pour discuter de l'aspect moral d'une telle initiative.

Le 05 juin 1943, une partie des cendres du chef de la Flotte impériale est enterrée au parc Hibiya, à Tokyo. Plus d'un million de Japonais assistent à la cérémonie. Deux jours plus tard, le reste des cendres et enterré à Nagaoka, où vit une s½ur du défunt.

La mort de Yamamoto plonge l'Empire dans l'abattement. Le Japon a perdu peut-être le seul homme encore capable de tirer de la Marine le meilleur d'elle-même.

# Postato martedì 23 agosto 2005 10:59

La bataille des Ardennes (16 décembre 1944-18 janvier 1945)

Les forces en présence

Hitler avait pour plan de reprendre Anvers afin de couper le XXIe groupe d'armées de Montgomery des troupes du général Bradley. Eisenhower se retrouva donc opposé au maréchal Gerd Von Runstedt qui était le commandant-en-chef de deux groupes d'armées allemands sur le front occidental, mais celui-ci fut remplacé par Model à la fin de la bataille. Pour cette opération les Alliés mobilisèrent sept divisions blindées, huit divisions d'infanterie et deux divisions de parachutistes, prisent dans les Ière et IIIe armées américaines, soit au total 400 000 hommes et 1 100 chars. Ces troupes ont été opposées à neuf divisions blindées et quatre divisions d'infanterie (comprenant la Ve Panzerarmee SS, la Ve armée blindée et la VIIe armée allemande) ce qui représentait une force de 250 000 hommes et 1 000 chars.

La préparation

Afin d'arrêter la progression alliée et de reprendre le port d'Anvers, Hitler décida de lancer une grande offensive. Cette offensive avait aussi pour but de chasser les Alliés de Hollande. Ce qui lui aurait permis de forcer Churchill et Roosevelt à négocier un cessez-le-feu. Toute personne bonne au combat fut envoyée sur le front, allant des vieillards aux Jeunesses Hitlériennes (il s'agit là des fameux VolksSturm) ; leur instruction militaire était des plus basiques. Les cadences de montage de chars furent accélérées sous l'ordre d'Albert Speer (ministre de la production). Le maréchal Goering quant à lui fit transférer 1 500 appareils vers le front occidental. Cependant, après les pertes des champs pétrolifères roumains, les Allemands manquaient de carburant. A ce titre, Von Rundstedt recommanda d'effectuer une seule offensive qui se limiterait à la Meuse. Hitler ne l'écouta pas et ordonna l'offensive générale. Il comptait sur le mauvais temps (qui devait clouer l'aviation alliée au sol) pour s'emparer des réserves de carburant des Alliés. Il savait également que les Anglais et les Américains ne pensaient pas les Allemands capables d'une contre-offensive d'envergure.

Cette opération fut gardée dans le plus grand secret, à un tel point que seuls quelques généraux en furent informés. Tout était organisé dans la perspective du secret, les hommes et le matériel furent acheminés la nuit, couverts par le bruit d'avions allemands qui survolaient le front. Le général Model fut chargé d'organiser cette offensive. Quatre de ses armées prirent position entre Monschau au nord et Echternach au sud. Ces troupes avaient pour objectif de détruire le 8e corps d'armée américain, dirigé par le général Middleton. Au nord, la VIe Panzerarmee SS du général Sepp Dietrich (cinq divisions blindées et cinq d'infanterie) devait briser le front américain près de Saint-Vith (qui formait un noeud de communication), afin de franchir la Meuse à Liège et de s'emparer d'Anvers, et donc par la même occasion des réserves de carburant des Alliés. A sa gauche se trouvait la Ve armée du général Hasso Von Manteuffel, qui devait s'emparer de Bastogne (carrefour ferroviaire et routier de la région), puis de passer la Meuse entre Liège et Namur avec pour objectif final d'occuper Bruxelles. Au sud se trouvait le général Ersnt Brandenberger avec sa VIIe armée qui avait pour mission spécifique de retenir la IIIe armée de Patton. La XVe armée du général Gustav Von Zangen se vit confier l'aile droite du front.

Le succès de cette opération dépendait entre autres de la désorganisation des Alliés. Pour ce faire, le colonel Otto Skorzeny habilla ses forces spéciales d'uniformes américains et leur ordonna de désorganiser la signalisation routière, de détruire les câbles téléphoniques et d'effectuer toutes sortes d'actes de sabotage. Après qu'un des soldats allemands déguisés fut découvert, les Américains furent contraints de procéder à moult contrôles d'identités et de poser aux suspects des questions pièges, allant, par exemple, des scores de base-ball au nom du chien de Roosevelt. 1 000 parachutistes furent également largués près de Malmédy afin de soutenir les armées déjà présentes.

L'offensive allemande et la contre-attaque américaine

Le 16 décembre 1944, vingt divisions allemandes attaquèrent les six divisions alliées. Le 8e corps du général Middleton fut enfoncé par les blindés allemands. Les Allemands réussirent à effectuer une percée dans les lignes de la Ve armée américaine, mais les blindés de Dietrich furent grandement ralentis par la VIIe armée blindée américaine placée à Saint-Vith. Grâce au soutien de la VIe Panzerarmee SS, Manteuffel put progresser très rapidement. Le même jour, un V2 s'écrasa sur le cinéma Rex de l'avenue de Keyser à Anvers. Il tua 567 personnes, dont 296 soldats alliés, sur les 1 200 spectateurs présents dans la salle de projection. Ce V2 avait été tiré depuis la base d'Enschede aux Pays-Bas, base distante de 200 Km seulement.

En réponse à cette attaque, Eisenhower envoya toutes les forces blindées en direction des Ardennes. La 101e division aéroportée fut également envoyée sur le front, mais en camions (les avions étant cloués au sol à cause des mauvaises conditions météo). Les parachutistes arrivèrent à Bastogne le 19 décembre, ils vinrent renforcer la 10e division blindée américaine. Durant le siège, les Allemands sommèrent les Américains de se rendre. Le général Anthony McAuliffe a répondu par ce court message : "A l'intention du commandant allemand : des nèfles ! (en Anglais : Nuts !) Le commandant américain.". Ce texte fait preuve d'une incroyable désinvolture, car les Américains sont, en fait, dans une situation plus que précaire à Bastogne comme ailleurs. Les deux divisions américaines de Bastogne repoussèrent toutes les attaques allemandes jusqu'au 26 décembre, date à laquelle une colonne de la IIIe armée de Patton réussit à briser l'encerclement de la ville. Pendant ce temps là, 8 000 des 22 000 soldats Américains de Saint-Vith furent tués, blessés ou fait prisonniers, et les Américains durent battre en retraite. Malgré cela le vent était en train de tourner, les attaques allemandes étant continuellement enrayées, aussi bien par les poches de résistance américaines que par les pénuries d'essence qui frappent leurs troupes. Le temps s'améliorant, l'aviation alliée reprit son envol. Celle-ci attaqua les lignes arrières allemandes ; elle détruisit un grand nombre de chars et coupa les communications entre les divers groupes d'armées allemands. La 2e Panzerdivision fut presque anéantie par la 2e division blindée américaine. A dater du 26 décembre 1944, la contre-offensive allemande se transforma en retraite.

La retraite allemande

Les Allemands continuèrent à opposer une résistance farouche aux troupes alliées. Le 5 janvier 1945, ils déclenchèrent l'opération Bodenplatte qui consistait en un raid sur 27 bases aériennes alliées situées en Belgique et dans le sud des Pays-Bas. Cette opération fut menée par 1 035 appareils et se solda par la destruction de 156 avions alliés et par la perte de 277 appareils pour les Allemands. De sanglants combats, parfois à l'arme blanche, auront encore lieu jusqu'au 18 janvier 1945, date officielle de la fin de la bataille des Ardennes. Le 20 janvier, les Allemands étaient revenus à leur point de départ. A la fin du mois, les troupes allemandes se replièrent sur le Rhin. La contre-offensive allemande coûta aux Américains 10 733 soldats tués, 42 316 blessés, 22 636 portés disparus, 733 chars, 1 300 véhicules et 592 avions. Les Anglais déploraient la perte de 1 400 de leurs soldats. Les Allemands souffraient de la perte de 12 652 soldats tués, 38 600 blessés, 30 582 portés disparus, 600 chars, 5 000 véhicules et 1 000 appareils. Il y eut également de terribles pertes parmi les civils : 2 500 Belges furent tués et 11 000 habitations furent détruites. Les Américains comblèrent leurs pertes matérielles en quelques semaines, mais les Allemands ne purent jamais en faire autant. Cette contre-offensive ne leur rapporta que six semaines de délai pour établir leur défense sur le Rhin.

Comme l'a souligné l'historien australien Chester Wilmot, en lançant cette offensive, Hitler a lui-même accéléré le processus de sa défaite et fait un cadeau exceptionnel aux Soviétiques. En effet car, en agissant de la sorte, il a donné un avantage majeur à son ex-allié, Staline, dont les troupes ont continué de progresser. Ce faisant, il a considérablement affaibli ses dernières troupes. Les hommes et le matériel perdus durant la bataille des Ardennes allaient cruellement manquer aux Allemands pour la défense finale de leur territoire


Soldats américains du 289e régiment d'infanterie allant vers Saint-Vith
La bataille des Ardennes (16 décembre 1944-18 janvier 1945)

# Postato martedì 23 agosto 2005 10:58